Le mystère du placard à balais
Un sapin, une disparition
La maison des Martin sentait la dinde et le sapin frais quand l’alarme fut donnée. Il était vingt-deux heures passées, le fromage venait d’être débarrassé, et c’est à cet instant précis, entre le plateau de brie et l’apparition tant attendue de la bûche, que grand-mère poussa un cri qui figea toute la tablée.
« La boîte de chocolats a disparu ! »
Un silence tomba sur le salon, aussi lourd que la neige qui s’annonçait dehors. Car tout le monde savait, sans jamais le dire tout haut, que Mamie cachait depuis des années sa réserve secrète de chocolats dans le placard à balais, entre le plumeau et l’aspirateur, persuadée que cette cachette resterait à jamais un mystère pour la famille. Or ce soir-là, le placard était vide. La boîte dorée, celle offerte par tonton Marc l’an dernier, s’était volatilisée. Mamie, elle, ne quittait plus la porte du placard des yeux. Elle compta ses petits-enfants un par un, puis ses enfants, puis le chat Pompon, qui dormait sur le radiateur avec un air beaucoup trop innocent pour un chat. Quelqu’un, dans cette pièce, mentait. Et elle comptait bien découvrir qui avant que la bûche ne soit servie.





